voyages

Les cent visages de Georges Simenon

Si on parle de littérature belge, le premier nom qui nous vient à l’esprit est celui de Georges Simenon – l’écrivain belge que tout le monde connait. Ce qui est moins connu, c’est qu’il n’est pas seulement le père du commissaire Maigret: selon Wikipedia, il a écrit des centaines de romans (dont 75 dédiés au célèbre commissaire), œuvres autobiographiques, articles et reportages, nouvelles et contes galants. Il a donné vie à plus de 9.000 personnages et a publié son premier roman, Au pont des Arches, à 17 ans.

Sa réputation d’écrivain prolifique porte aux alentours de 1930 à un engagement bizarre : le directeur d’un journal l’avait engagé comme attraction publicitaire et il avait fait construire une cage dans le hall de son journal où Simenon devait, sous les yeux du public, rédiger sans discontinuer un feuilleton. Le projet ne se réalisa jamais, mais a donné vie à la légende de l’homme qui a écrit un roman en trois jours dans une cage de verre.

De ma part, je dois vous avouer que je ne connais que la partie « Maigret » de son ouvrage, et évidemment même pas toute entière. Ce que j’apprécie le plus de son style, c’est les descriptions des lieux et des personnages, et l’idée que le roman soit centré non pas sur l’enquête en soi (à la Conan Doyle, ou Agatha Christie), mais sur la psychologie des personnages, sur la « sociologie » du crime plus que sur la solution d’une énigme. Ses romans policiers ne sont en fait pas complètement des romans policiers « scientifiques », ils ne correspondent pas aux clichés du genre – ce qui en fait un chef-d’œuvre unique dans l’histoire de la littérature.

 

voyages

A la découverte de Didier Van Cauwelaert

Didier van Cauwelaert, d’origine belge, est né à Nice en 1960 et a gagné le prix Goncourt en 1994 avec son roman Un aller simple. J’en ai entendu parler pour la première fois à La grande Librairie, à l’occasion de la présentation de son livre Au-delà de l’impossible. Les thèmes de l’au-delà, de l’inconnu et de la communication avec les personnes décédées font partie non seulement d’une série d’essais (parmi les plus célèbres, le Dictionnaire de l’impossible), mais aussi de quelques romans – ça suffit de lire La vie interdite pour en avoir une idée: l’histoire commence avec Jacques, le protagoniste, qui se rend compte d’être mort, et voit son corps endormi (ehm – mort) du plafond de sa chambre à coucher.

Je dois vous avouer que je ne suis pas trop fan des livres sur les anges et les hypothèses de vie après la mort, et je n’étais pas trop de l’idée de me lancer à la découverte de ce « romancier de l’impossible ». Jusqu’à quand je ne lis quelque part que son maitre d’écriture est, entre les autres, Romain Gary. Et bon, ça – c’est toute une autre histoire.

Ça ne vous dit rien? Ce petit Aziz – n’est-il pas un petit Momo tsigane? Et me voilà, alors, avec ce roman dans les mains. Un roman dur, qui nous met devant une situation irréelle et presque comique, mais qui, en 2018 même plus que dans les annés ’90, a l’aire de « ça n’arrive jamais, c’est trop!, mais quand-même… ».

voyages

Mes inconnus de la littérature française

Dans la vie réelle, en dehors de ces pages, je parle d’Europe littéraire avec mes collègues – on pourrait dire que nous avons notre café littéraire pendant l’heure de table. Un des aspects les plus intéressants de ces discussions avec d’autres lecteurs européens, c’est qu’on découvre toujours des inconnus plus ou moins célèbres.

De mon côté, mon « voyage » en France m’a fait découvrir une toute nouvelle liste d’envies pour mes prochaines lectures. Ce n’est évidemment pas exhaustive, mais une heure de conversation a quand même une fin. Entre les autres auteurs à découvrir, sur mon carnet de notes j’ai noté Philippe Claudel, Benoit Coppée, François Cavanna, Olivier Bourdeaut, Agnès De Lestrade, Carole Martinez et Alain-Fournier.

voyages

Mes incontournables de la littérature française

Pour commencer ce voyage littéraire en Europe, rien de plus simple que de se dédier aux incontournables de la littérature française. Tout le monde connait au moins un auteur français. Tout le monde peut en parler. Tout le monde est bien content de se battre pour défendre la supériorité de Victor Hugo sur Eugène Sue. Tout le monde a au moins une fois parlé de Marcel Proust, comme s’il avait lu plus de trois lignes à propos d’une madeleine. Tout le monde doit à chaque fois et très discrètement chercher sur internet si Les Trois Mousquetaires, c’est Dumas père ou fils.

Moi – mes incontournables ne sont pas les classiques. C’est vrai que Victor Hugo, Dumas (père, j’ai contrôlé), Albert Camus – il faut les avoir au moins vu de proche une fois dans la vie. Mais pour moi, si je dois vraiment vous donner un nom, c’est Daniel Pennac. J’ai toujours du mal à comprendre à quel point on peut avoir de la chance, dans ce monde, pour avoir la possibilité de lire (et relire) la saga de Malaussène. La famille de Maulaussène, qui ne voudrait pas en avoir une pareille ? Je pourrais ne lire que ça pour toute ma vie. Non, n’exagérons pas – mais vous m’avez compris.

Je suis tombée amoureuse de Pennac grâce à son traducteur italien : la « prosivendola » est une traduction tellement parfaite et poétique de La petite marchande de prose que j’ai eu un véritable coup de foudre en librairie. A partir de ce moment-là, quand je me sens triste ou bouleversée c’est à la tribu des Malaussènes que je me tourne: ils ont surement une réponse à mes questions. Je vous avoue que je dois encore lire le dernier chapitre (ici, Pennac en parle à La Grande Librairie) – j’ai un peu peur de ne pas y retrouver la magie des premiers romans.

Par contre, j’ai récemment découvert un autre auteur, Romain Gary, qui dans son roman La vie devant soi nous présente des personnages assez « malausséniens » – et bon, c’est mon deuxième incontournable, ça va sans dire.

Et vous ?
Quels sont vos incontournables de la littérature française ?