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Un peu de littérature néerlandaise et flamande

Comme vous le savez désormais, j’habite depuis quelques temps à Bruxelles. Quand je rentre dans une librairie, j’ai toujours un moment de tristesse et rage. Je regarde les étagères de littérature néerlandophone des Pays-Bas, mais aussi flamande de Belgique, les titres qui, à mes yeux, ont plutôt l’air d’être des mots de passe sans voyelles, et je me demande de quoi il s’agit. L’idée de ne pas avoir accès à une bonne moitié de mon paradis libraire m’étonne à chaque fois. Oui, c’est vrai, il y a les traductions – mais bon, je me sens quand même exclue.

J’ai noté quelques auteurs que je voudrais lire, quand je trouverai une traduction ou je déciderai d’apprendre le neerlandais : la série de Keetje de Neel Doff, Max Havelaar de Multatuli (à propos des colonies hollandaises), Het Hout de Jeroen Brouwers, Dit zijn de namen de Tommy Wieringa, et les choquantes ouvrages de Herman Koch.

De mon côté, j’ai lu, en traduction italienne, Hugo Claus (je vous conseille vivement !) et Hendrik Groen (plus leger, avec son bouquin sur la vie d’un bizarre vieil homme et ses amis dans une maison de retraite).

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Voyage en Espagne

Je dois vous avouer que je n’ai lu presque aucun livre espagnol. La raison, toute simple : c’est surtout les écrivains sud-américains de langue espagnole qui arrivent dans ma librairie (García Márquez, Borges et son El Aleph, même le mi- français né à Bruxelles Cortázar, pour en nommer que quelques-uns).

C’est vrai que j’ai lu (et adoré) Tanta vita de Alejandro Palomas (à savoir : il faut des mouchoirs à coté) et Patria de Fernando Aramburu, mais à part ça – presque rien. Dans ma liste « à venir » j’ai noté María Dueñas, Jesus Carrasco (qui, entre parenthèses, est un auteur primé de l’EUPL), Javier Cercas (Anatomie d’un instant) et, si on veut remonter à rebours dans l’histoire de la littérature espagnole, Fernán Caballero (La gaviota).

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Morceaux de littérature hongroise: Magda Szabò

J’ai récemment découvert une autrice hongroise inoubliable : Magda Szabó. Elle était enseignante et employée par le ministère de la Religion et de l’Éducation jusqu’à son licenciement en 1949. Ecartée pour des raisons politiques, elle a fait partie d’un cercle d’écrivains dissidents qui refusaient toutes commandes d’écriture du régime communiste. Son long silence littéraire est rompu vers la fin des années 1950, avec le Faon, un roman qui critique le régime en place.

J’ai lu (voir, divoré…) La porte et La Ballade d’Iza, deux romans qui analysent la complexité des rapport humains, et surtout l’écart entre ce qu’on croit être « le bien » pour ceux qu’on aime, et ce que eux considèrent être leur bien. Deux romans durs et intenses, qui nous forces à un examen profond de notre conscience et de nos rapports avec la famille et le amis.

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Alessandro Baricco et la musique des mots

Alessandro Baricco est un des plus célèbres écrivains italiens contemporains. Il a la capacité d’attirer amour et haine – apparemment sans possibilité de compromis. Ceux qui l’aiment, c’est parce que il arrive à créer phrases qui ont l’aspect d’une arabesque et la musicalité d’un poème. Ceux qui ne l’aiment pas, c’est en effet pour la même raison – trop onirique, pas assez concret, trop artificiel.

Moi, si vous voulez mon opinion, je l’ADORE.
Si vous en avez l’occasion, plongez-vous dans ces chefs-d’œuvre :

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Les cent visages de Georges Simenon

Si on parle de littérature belge, le premier nom qui nous vient à l’esprit est celui de Georges Simenon – l’écrivain belge que tout le monde connait. Ce qui est moins connu, c’est qu’il n’est pas seulement le père du commissaire Maigret: selon Wikipedia, il a écrit des centaines de romans (dont 75 dédiés au célèbre commissaire), œuvres autobiographiques, articles et reportages, nouvelles et contes galants. Il a donné vie à plus de 9.000 personnages et a publié son premier roman, Au pont des Arches, à 17 ans.

Sa réputation d’écrivain prolifique porte aux alentours de 1930 à un engagement bizarre : le directeur d’un journal l’avait engagé comme attraction publicitaire et il avait fait construire une cage dans le hall de son journal où Simenon devait, sous les yeux du public, rédiger sans discontinuer un feuilleton. Le projet ne se réalisa jamais, mais a donné vie à la légende de l’homme qui a écrit un roman en trois jours dans une cage de verre.

De ma part, je dois vous avouer que je ne connais que la partie « Maigret » de son ouvrage, et évidemment même pas toute entière. Ce que j’apprécie le plus de son style, c’est les descriptions des lieux et des personnages, et l’idée que le roman soit centré non pas sur l’enquête en soi (à la Conan Doyle, ou Agatha Christie), mais sur la psychologie des personnages, sur la « sociologie » du crime plus que sur la solution d’une énigme. Ses romans policiers ne sont en fait pas complètement des romans policiers « scientifiques », ils ne correspondent pas aux clichés du genre – ce qui en fait un chef-d’œuvre unique dans l’histoire de la littérature.